Mali : Le M5 rejette la charte adoptée par la junte, qui fixe la transition à 18 mois

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Par la Rédaction

La junte actuellement au pouvoir au Mali

Alors que la junte au pouvoir s’est engagée à une transition de 18 mois, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotes (M5-RFP), qui a conduit à la chute du président Ibrahim Boubacar Keita, rejette la charte proposée par les militaires, dénonçant une « confiscation du pouvoir ».

Au terme de trois jours de discussion à Bamako, entre personnalités politiques, de la société civile et militaires, la junte actuellement au pouvoir depuis qu’elle a mené le coup d’Etat contre Ibrahim Boubacar Keita, s’est engagée samedi à mener une transition de 18 mois avant de redonner les manettes du pays aux civils. Le président qui mènera cette transition, d’après la charte établie samedi, sera désigné par un comité mis en place par les militaires.

Des annonces qui sont loin de convaincre le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui a mené le président malien à sa chute, en multipliant les manifestations et en réclamant fermement son départ, avant que la junte ne donne le coup de grâce à son règne. Le mouvement, composé de la société civile, de religieux et d’opposants politiques, rejette la charte proposée par les militaires, qui n’excluent pas l’accession au pouvoir d’un des leurs à la présidence par intérim.

« Une version finale de la charte ne reflète pas le résultats des discussions»

D’après le M5, qui dénonce depuis le début une « confiscation du pouvoir», la version finale de la charte ne reflète pas le résultats des discussions, où une majorité s’était engagée en faveur d’un président intérimaire civil. « M5-RFP se distancie du document qui ne reflète pas les opinions et les décisions du peuple malien», a indiqué le mouvement dans un communiqué publié samedi soir. Il a en effet toujours rejeté que la transition soit dirigée par des militaires, prônant le retour au pouvoir des civils.

Tout comme le M5, les partenaires du Mali ainsi que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) prônent depuis la prise du pouvoir par la junte le retour des civils à la tête du pays. Lors de son dernier sommet à Niamey, la Cedeao a donné un ultimatum de huit jours aux putschistes pour rendre le pouvoir aux civils, précisant que la transition ne devrait pas dépasser 18 mois. Des menaces qui n’ont visiblement aucun effet sur la junte, qui ne semble pas pressée de retourner dans ses casernes…

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