Mali : Face à la contestation, le fils du président malien démissionne de son poste clé

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Par la Rédaction

Le fils du président malien Karim Keita (Photo de sa page Facebook)

Vivement contesté, Karim Keita, le fils du président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK), a démissionné ce lundi de son poste clé de président de la commission parlementaire de la Défense.

Karim Keita a cédé à la pression populaire. Le fils du président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK), à la tête de la commission parlementaire de la Défense, a démissionné ce lundi de son important poste. « Certains ont fait de ma modeste personne un fonds de commerce politique, d’autres un déversoir de leurs ambitions inassouvies. Rien ne m’aura été épargné », a indiqué le fils du dirigeant malien dans un communiqué. Karim Keïta, élu député en 2013, réélu en 2020 affirme également mettre « le Mali au-dessus de tout », mais refuse « être un argument pour des personnes en mal de programme », dénonçant un « délit de patronyme », stipulant qu’à travers lui, c’est son père qui est visé.

Depuis plusieurs semaines il est dans la ligne de mire des manifestants de la coalition du 5 juin, regroupant des opposants politiques, des religieux et la société civile. Le mouvement, qui a organisé en deux mois trois manifestations à Bamako, réclame le départ d’IBK jugé désormais inapte à gérer le Mali, sans compter qu’il est aussi pointé du doigt pour la corruption qui mine le pays.

L’attitude de Karim Keita décriée

L’attitude du fils du président est aussi l’une des raisons de la colère des protestataires, qui le ciblent depuis plusieurs semaines. Son nom a en effet été cité dans les manifestations qui ont réuni depuis le mois de juin à chaque fois plusieurs milliers de Maliens à Bamako. Des manifestants ont été jusqu’à mettre sous forme de posters des images le montrant lors de joyeuses fêtes à l’étranger avec des amis et en compagnie de jeunes femmes légèrement vêtues. Des images qui prouvent, d’après les contestataires, qu’il a des mœurs légères et qu’il a le luxe de passer du bon temps alors que son pays est en plein crise politique. Des accusations que Karim Keïta a rejetées, assurant qu’il n’avait pas été chargé de la liste des invités et que ce déplacement privé n’avait rien coûté au contribuable.

En attendant, la crise politique qui sévit dans le pays persiste. Au moins 11 personnes ont péri suite à la manifestation de vendredi dernier contre le pouvoir. Même si le président malien a annoncé la dissolution de la Cour constitutionnelle, qui était aussi très controversée, les protestataires ne décolèrent pas car ils réclament avant tout sa démission.

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