l'Afrique du 21ème siècle

Les journalistes guinéens Ibrahima Sadio Bah et Amadou Diouldé Diallo toujours en prison !

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Par Mamadou Sarifou Barry

Manifestaton des journalistes en Guinée contre les journalistes en prison

Ce lundi 3 mai, c’est la journée internationale de la presse. Pendant ce temps en Guinée, deux journalistes sont emprisonnés à la Maison centrale de Conakry. Il s’agit d’Ibrahima Sadio Bah et du doyen Amadou Diouldé Diallo.

En Guinée, la liberté de la presse est malmenée.  Les journalistes Ibrahima Sadio Bah et du doyen Amadou Diouldé Diallo sont à ce jour toujours en prison. Le premier a été condamné à six mois de prison par le TPI de Dixinn le 4 février dernier, pour « diffamation, dénonciation calomnieuse, injures publiques et menaces » à l’encontre du président sortant de la fédération guinéenne de football Féguifoot, Mamadou Antonio Souaré. Le second est poursuivi pour « offense et diffamation » au président Alpha Condé. Il attend toujours d’être fixé sur son sort. Le verdict était attendu le 28 avril dernier, mais le procès a été reporté ce jour à cause de la grève des auxiliaires de justice qui paralyse depuis plus de deux semaines l’appareil judiciaire en Guinée.

Le procureur de la République Sidy Souleymane Ndiaye avait requis le 13 avril dernier une condamnation au paiement de 5 millions de francs guinéens. Il a été arrêté le 27 février dernier à Conakry alors qu’il était en train de pratiquer le sport. Des agents des forces de sécurité se sont présentés à lui pour l’arrêter sans une convocation préalable. Il a aussitôt été placé sous mandat de dépôt. Il venait d’intervenir dans une émission journalistique diffusée sur une radio privée guinéenne au cours de laquelle il avait violemment critiqué l’action du Chef de l’Etat, Alpha Condé, récemment réélu président de la République de Guinée pour un troisième mandat.

Violation de la liberté de la presse

Toutes ces condamnations sont en violation de la loi L002 portant la liberté de la presse qui dépénalise les délits de presse en Guinée. Cette loi dit clairement qu’aucun citoyen ne doit être arrêté et mis en prison pour des délits commis par voie de presse. Même le garde des Sceaux Mory Doumbouya lui-même l’avait reconnu au cours d’une réunion entre lui et les associations de presse en Guinée.

L’Association internationale de la presse sportive (AIPS) et l’ONG Reporters sans frontières (RSF) réclament depuis des mois leur libération. Ces deux associations réclament simplement le respect de la loi qui a mis fin aux peines privatives de liberté pour les délits de presse en Guinée.

Il faut dire que la Guinée a été classée 109e sur 180 pays dans le dernier classement de RSF sur la liberté de la presse.

Mamadou Sarifou Barry

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