l'Afrique du 21ème siècle

Le hashtag « FreeSénégal », symbole de la révolte des jeunes contre le pouvoir !

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Des forces de l’ordre patrouillant Dakar lors des manifestations contre l’arrestation d’Ousmane Sonko, (Boubacar Fall, pour AP21)

Par Toutouna Soumaré

La contestation populaire suite à l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko se poursuit même si pour le moment les manifestations ont cessé après sa libération. Sur les réseaux sociaux, elle ne faiblit pas. Elle est incarnée par le viral hashtag FreeSénégal, qui a été repris dans le monde entier.


La révolte populaire qui a gagné tout le Sénégal dépasse largement l’affaire Ousmane Sonko. Si l’arrestation de l’opposant a été l’élément qui a déclenché la grogne qui a gangréné toutes les régions du pays, elle est avant tout révélatrice d’un peuple usé par la dégradation de ses conditions de vie et d’un pouvoir de plus en plus sourd à ses revendications. Le ras le bol contre le pouvoir n’est pas seulement exprimé dans la rue mais également sur les  réseaux sociaux ou des internautes ont donné naissance au hashtag « FreeSénégal ».

« FreeSénégal est apolitique »

Si le hashtag a fait le tour du monde et créé une véritable solidarité autour des manifestations au Sénégal, ses initiateurs ont aussi tenu à clarifier les valeurs qu’ils véhiculent à travers leur mouvement. Selon Christine Kiné Sarr, chargée de communication de « FreeSénégal », plus qu’un hashtag, « c’est une initiative des jeunes pour apporter leur pierre à l’édifice dans le développement du Sénégal», explique la jeune femme. « Aujourd’hui si les jeunes veulent que leurs besoins soient pris en compte il faut qu’ils puissent s’exprimer, donner leur voix et soient impliqués dans les processus de prise de décision», affirme-t-elle. « FreeSénégal permet surtout d’éveiller les consciences des jeunes afin qu’ils puissent savoir ce qui se passent dans le pays et afin que leurs droits soient respectés par les gouvernants». Ce n’est pas une initiative politique mais « un mouvement qui a pour unique vocation le développement du pays», précise Christine Kiné Sarr.

« Les jeunes expriment leurs frustrations et colère »

En attendant, le hashtag continue de vivre à travers les tweets ou posts des internautes. Ils rivalisent de créativité et n’hésitent pas à apporter une touche d’humour malgré la situation difficile dans laquelle se trouve leur pays. Cette caricature, diffusée sur Instagram, représentant Ousmane Sonko en un super héros, qui tente de s’échapper d’une prison gardée par le chef de l’Etat Macky Sall, a beaucoup amusé la toile. Une image selon Yazz Bodian qui parle d’elle-même car « l’un tente de sauver son pays » et l’autre « mange des desserts en France ».

De son côté, Cheikh Fall, président du mouvement citoyen Afriktivistes, n’a pas hésité à faire un parallèle entre la révolte de la jeunesse actuellement et les 480 migrants qui ont péri en mer en octobre dernier: « Vous vous adressez à une jeunesse qui n’a pas eu peur de prendre les pirogues pour des lendemains meilleurs et dont plus de 480 y ont perdu la vie. Ils expriment leur colère et leur frustration dans la rue, vous leur demandez d’aller étudier et d’être respectueux. Faut juste rappeler que beaucoup de ces jeunes ont préfèré quitter leur pays au risque de mourir en mer.»

Toujours pas de justice pour les 13 manifestants tués

PunchTchineur dénonce, pour sa part, les nombreuses violences qui ont eu contre les manifestants avec le Tweet : « Stop violence against senegalese people »(Stop aux violences contre le peuple sénégalais).

Une violence qui a engendré la mort de 13 personnes lors du soulèvement et qui a interpellé « Résistance no justice no peace » sur Twitter : « Nous sommes le 15 mars et les meurtriers des 13 manifestants sont toujours en liberté, justice doit être faite pour ces jeunes morts pour la patrie».

Une justice qui se fait toujours attendre, poussant les contestataires du système politique actuel en place à continuer à résister aussi bien sur le terrain que via les réseaux sociaux. D’autant que si Ousmane Sonko a été libéré ce n’est pas le cas des nombreux prisonniers politiques tels que l’activiste Guy Marius Sagna. Sans compter que l’opposition dont désormais Ousmane Sonko est le leader réclame que Macky Sall déclare officiellement qu’il ne se présentera pas à la prochaine présidentielle de 2024. La lutte incarnée par « FreeSénégal » ne fait que commencer…

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