« J’en suis tombée malade » : Le massacre de Kumba hante aussi la Diaspora camerounaise

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Par la Rédaction

Les cercueils des sept écoliers de Kumba (lors de la cérémonie d’inhumation, le 5 novembre )

Si le massacre de Kumba a particulièrement choqué au Cameroun, il n’a également pas laissé de marbre les membres de sa Diaspora, qui ont aussi largement exprimé leur indignation face aux sept écoliers assassinés, dans la région anglophone du sud-ouest, le 24 octobre par des hommes armés. AP21 a recueilli leurs témoignages…

Ils sont nombreux au sein de la Diaspora à ne toujours pas croire qu’un tel massacre ait eu lieu dans le pays. Les sept écoliers assassinés à Kumba, dans la région anglophone du sud-ouest, le 24 octobre par des hommes armés hantent toujours de nombreux Camerounais vivant à l’extérieur du pays. C’est le cas d’Eva Oloa, basée en France, à la tête d’une association pour promouvoir les soins de santé à distance au Cameroun. Cette mère de quatre enfants n’arrive pas à fermer l’œil de la nuit, tant elle a été atterrée et choquée par cette tuerie. « Il n’y a pas de mots assez forts pour décrire cette boucherie ! J’en suis tombée malade ! Mais vraiment malade jusqu’en perdre le sommeil ! », confie-t-elle à AP21. « Vous savez depuis le début de cette crise, on a l’habitude de voir des atrocités, notamment avec les décapitations des femmes. On croyait avoir atteint le summum ! Mais là, des enfants ! Mais pourquoi ? Je sais pas si vous avez vu les images de la tuerie, elles sont insoutenables! », s’écrie-t-elle dépitée.

« Un crime de guerre qui reflète la violence d’une guerre peu connue en occident« 

« Je suis sans voix! S’en prendre à des enfants c’est s’en prendre à toute une nation! », estime pour sa part Olivia Kakule, entrepreneure à la tête d’une marque de vêtement, basée en région parisienne.

De son côté Boris Bertlot, installée aux Etats-Unis, qui anime un réseau rassemblant plusieurs membres de la Diaspora, affirme que c’est « une situation tragique. Un crime de guerre qui reflète la violence d’une guerre peu connue en occident. Mais aussi la preuve que la solution militaire est potentiellement sans issue ».

« Cette tragédie est  une honte pour notre société »

« Chaque enfant  tué sur les bancs de l’école est un échec sociétal.  Dans ce contexte,  l’État a échoué,  il a été incapable de  protéger ses enfants », dénonce pour sa part Annie Mokto, greffière de profession, basée en Belgique.  « Cette tragédie est  une honte pour notre société. Quelle justice sera à la hauteur pour ces enfants ? », questionne-t-elle.

Selon Eva Aloa, ce conflit a commencé avec de simples « revendications corporatistes. Les anglophones se plaignaient de certaines incongruités de leur côté. Aujourd’hui, c’est catastrophique ! Ces gens demandaient au départ des choses qui coulent de soi. Comme un juge qui parle anglais dans un tribunal, des autorités qui comprennent au moins l’anglais! Même à l’université, on leur envoyait des profs francophones ! »

Même son de cloche pour Martine Epée, qui dénonce les inégalités entre la partie francophone et anglophone. « Comment expliquer à la population que l’on entre sans difficulté dans les lieux anglophones pour des exactions alors que du côté francophone c’est limité car protégé en cas d’attaque ou suspicion? », s’interroge-t-elle.

« Le régime et les séparatistes se renvoient la balle mais ça ne change rien à l’horreur »

Eva Oloa est aussi particulièrement inquiète face à « la radicalisation des séparatistes! Maintenant, on ne sait pas exactement qui a fait cela. Chaque camps se renvoie la balle. Pour le régime ce sont les terroristes! Pour les sécessionnistes, c’est le régime en place pour discréditer leurs revendications. Mais de toute façon, peu importe ! Ça ne change rien à cette horreur! « 

« Cette zone anglophone du Cameroun  vit depuis des  mois dans une atmosphère d’insécurité », renchérit Annie Mokto. « Néanmoins,  j’espère qu’une justice  sera faite et que tous les auteurs répondront de leurs actes, plaide la greffière, qui a une pensée particulière pour les familles : « J’ai juste envie de dire à leurs parents pardon au nom  de toutes ces personnes qui croient aux droits de l’enfant », conclut-elle.

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