Jean Claude Nkodo : « Unbreakable est un plaidoyer pour une meilleure justice dans les pays en développement »

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Jean Claude Nkodo Essomba

Par Assanatou Baldé

L’ancien boxeur Jean Claude Nkodo Essomba, qui vit entre la France et le Cameroun, également entrepreneur, vient de publier « The Unbreakable »(éditions Macauley Publishers), un thriller haletant, inspiré de son propre parcours. Il y raconte l’histoire de Teddy, accusé  d’avoir fomenté un coup d’Etat contre le président au Cameroun. Face à l’adversité, le jeune homme n’abdique pas et mène un combat acharné pour se tirer d’affaire. Un ouvrage plein de rebondissements et d’enseignements où l’auteur montre qu’avec la résilience il est possible de venir à bout des situations les plus complexes.

Originaire du Cameroun, Jean Claude Nkodo Essomba, qui a déposé ses valises en France en 1982, en a fait du chemin. Celui, qui a été champion d’Afrique dans la catégorie des poids léger a fait de son expérience dans le sport un véritable atout qu’il mettra au service de l’entrepreneuriat. A la tête de plusieurs entreprises, dont Phoenix promotion, qui accompagne les boxeurs africains tout au long de leurs carrière, ou encore la maison d’édition Afropéenne, il est une figure inspirante pour la jeunesse.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire une histoire comme « The Unbreakable »?

Installé depuis une trentaine d’années dans l’Hexagone, je ne pouvais demeurer silencieux face aux souffrances humaines dont je suis témoin s’agissant des victimes de l’immigration clandestine massive. Je parle bien sûr de ces milliers d’Africains pris au piège dans le Maghreb et subissant les viols, l’esclavage et de meurtres. Je parle de ces milliers de noyés dans la Méditerranée, le canal de la Manche. Ayant personnellement vécu des déboires où j’ai subi ces maltraitances et cette précarité, je me devais de témoigner à mon niveau.

Dans ce thriller, vous abordez plusieurs thèmes très actuels, tels que la violence dans les prisons camerounaises, l’arbitraire, l’injustice, mais aussi l’émigration illégale…Pourquoi était-ce si important pour vous de les évoquer?

L’écriture d’un livre est une forme de thérapie, c’est connu. Même si j’évoque des passages de ma vie de manière romancée et que ces évènement se sont produits depuis une trentaine d’années, ces sujets sont plus que jamais d’actualité. La violence psychologique et physique sont inhérents à l’enfermement carcéral, d’autant plus dans les pays en développement !  Paru pour la première fois en français en 2014 sous le titre d’ »Indomptable »  aux Editions Ka d’Oteurs, à Paris, ce livre est aussi un cri émis pour que justement les choses changent en mieux dans le traitement des prisonniers qu’ils soient politiques ou de droits Communs dans les pays en développement. Co-traduit en anglais par Sarah Philippe et moi-même, Unbreakable est publié à Londres en Angleterre par les éditions Macauley Publishers. Ce livre est un plaidoyer pour une meilleure justice dans les pays en développement.

Le personnage principal Teddy,  qui vient de perdre son père, passe un séjour très difficile à la prison de Kondengui, au Cameroun, qui existe réellement, après avoir été accusé d’avoir fomenté un coup d’État contre le président…Mais il ne se morfond pas et se bat pour s’échapper puis reconstruire sa vie par le biais de la boxe notamment…A travers la forte personnalité de Teddy, quelles valeurs voulez-vous véhiculer ?

Le personnage de Teddy que je mets en avant dans cette œuvre est l’exemple du caractère résilient que je veux donner en exemple au Monde. Prouver qu’aucune situation ne doit conduire au découragement malgré les circonstances. L’Homme possède en lui des facultés de résilience qu’il doit aller chercher pour se sortir des situations les plus compliquées et ne jamais céder au découragement.

Tout comme Teddy, vous même avez perdu très jeune votre père, vous êtes originaire du Cameroun, vous avez aussi été boxeur aux États-unis, vous avez vécu les difficultés de l’exil…Il y a-t-il des éléments autobiographiques dans l’intrigue ? L’histoire est-elle inspirée de votre propre vécu ?

L’histoire d’ « Unbreakable » est tirée en grande partie de mon vécu personnel en effet. L’accusation et l’enfermement arbitraires pour une cause aussi grave qu’attenter à la sureté de l’Etat sont des motifs qui vous conduirait à l’échafaud ou devant un peloton d’exécution à cette époque là.

Quels sont les différents messages que vous souhaitez que le lecteur retienne après la lecture de votre ouvrage, qui n’est finalement que le miroir de notre société?

Cette œuvre  est un appel pour une société où les valeurs sociales et les vertus sociétales et humanistes des peuples et des dirigeants sont sollicités pour une gestion juste des richesses de notre Monde.

Comment avez-vous réagi à la remise du prix Goncourt Lycéen à votre compatriote   Djaili Amadou Amal pour son roman « Les impatientes ». Tout comme vous, elle fait partie de ces auteurs qui ont réussi à se faire une place à l’international…

J’ai ressenti une fierté personnelle lorsque le Goncourt des lycéens à été octroyé à ma compatriote Djaili Amadou Amal pour son roman « Les Impatientes ». C’est la preuve qu’il existe une littérature Afropéenne qui prend de l’essor et est de plus en plus mise en avant.

Quel est votre regard en tant qu’écrivain sur le massacre de Kumba, qui a ébranlé le pays ?

Le Cameroun vient de vivre ses premières élections régionales afin de rendre plus effective la décentralisation du pouvoir. Nous espérons sincèrement que cette évolution de l’Etat va booster le développement du pays. Les crimes récemment perpétrés à Kumba sur des innocents élèves sont évidemment condamnables et je pense que les autorités ont diligentées des enquêtes afin que les coupables soient identifiés et punis par la loi.

Quelle est votre analyse de la situation actuelle du monde, dont le système capitaliste dominant semble avoir atteint ses limites…D’autant que l’épidémie de la Covid-19 n’arrange guère les choses…

Le système dit capitaliste éprouve de grandes difficultés depuis la crise des sub-primes aux Etats-Unis en 2008 et malgré de légères embellies ressenties ces cinq dernières années, la pandémie du Covid-19 est venue désintégrer les efforts accomplis depuis des années. Au-delà même de la crise qui est très exacerbée par la Covid-19, le monde comme je l’ai souligné plus haut devrait réapprendre à consommer autrement.  Consommer plus écologiquement et que les grands dirigeants impulsent aux peuples le retour aux valeurs humanistes pour une meilleure consommation et  un meilleur partage des richesses.

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