Interdiction de citer Assa Traoré sur Canal+ Afrique : « La direction ne s’attendait pas à notre démission! »

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Par la Rédaction

L’équipe de Ciné Le Mag (Facebook)

Depuis plusieurs jours, Canal+ Afrique est au cœur de la polémique après que le directeur des programmes a interdit à la chroniqueuse Annabelle Lengronne de citer le nom d’Assa Traoré, avant de la couper au montage de l’émission Ciné Le Mag, présentée par l’animatrice Claire Diao. Une attitude qui a profondément choqué toute l’équipe, qui a pris la décision collective de démissionner.

Une censure qui ne passe pas ! Toute l’équipe de Ciné Le Mag, diffusée sur Canal+ Afrique, a pris la décision de démissionner. Invitée de l’émission présentée par l’animatrice Claire Diao, le mardi 23 juin, Annabelle Lengronne répond à la question de la présentatrice qui lui demande quelle est la femme noire qui l’inspire. Réponse de la chroniqueuse : « Assa Traoré ». Seulement, cela ne passe pas aux yeux du directeur des programmes Frederic Dezert, qui débarque en plein tournage et la réprimande sèchement : « On ne parle pas d’Assa Traoré ici ! »

« J’ai eu le malheur de répondre Assa Traoré »

Mais la chaîne n’en reste pas là, puisqu’à sa grande surprise Annabelle Lengronne apprend qu’elle est coupée au montage de l’émission. Dépitée, la jeune actrice refuse de taire l’incident et poste un message sur sa page Facebook : « Je ne faisais que répondre à la question suivante : ‘Quelle femme noire est pour vous source d’inspiration ?’ J’ai eu le malheur de répondre : ‘Assa Traoré‘», explique-t-elle, précisant que face à l’hostilité du directeur des programmes, « je n’ai pas eu la possibilité de poursuivre. J’ai subi la censure ». « Assa Traoré est un sujet franco-français et n’avait aucun rapport avec le cinéma ou notre public africain. […] Ce n’est pas de la censure », a justifié, pour sa part, Frédéric Dezert,  à Loopsider.

« On est passé d’une émission de 35 mn à 20 mn »

Contacté par AP21, Claire Diao a rappelé les liens d’Assa Traoré avec l’Afrique, insistant sur le fait que « son nom de famille est soninké ». Elle, comme les autres participants de l’émission n’ont pas tardé à réagir, apportant immédiatement leur soutien à Annabelle Lengronne : « La direction ne s’attendait pas à ce qu’on démissionne, notre solidarité les a surpris », confie l’animatrice. Pour l’équipe de Ciné Le Mag, il n’était en effet pas question de laisser passer une telle situation ! « Après qu’Annabelle ait été coupée, on est passé d’une émission de 35 min à 20 mn et pour nous c’était inacceptable », explique-t-elle à AP21.

C’est d’ailleurs suite au post d’Annabelle que l’animatrice informe également le public de l’affaire, donnant sa version des faits : « Mardi 23 juin 2020, le tournage de l’émission Ciné Le Mag que j’anime depuis janvier 2019 a été interrompu par le directeur des programmes alors que l’invitée Annabelle Lengronne venait de citer le nom d’Assa Traoré comme figure féminine inspirante. Cette intervention a mené à la suppression de l’invitée du montage livré par les producteurs à la chaîne et diffusé ce 11 juillet 2020 », écrit dans son post sur Facebook Claire Diao. « Suite à la pression puis à la menace d’éviction de notre équipe par la production suivis par plusieurs pourparlers avec la direction de Canal + Afrique, poursuit l’animatrice, notre équipe qui a animé avec passion et professionnalisme cette émission depuis 82 épisodes a le regret de vous annoncer son départ », souhaitant aussi « bonne chance à celles et ceux qui reprendront le flambeau malgré les conditions précaires que nous avons trop longtemps accepté ».

Depuis l’éclatement de l’affaire, l’équipe reçoit de multiples messages de soutiens, notamment via les réseaux sociaux, où beaucoup saluent leur geste solidaire envers Annabelle Lengronne. « On ne s’attendait pas à recevoir autant de messages de soutiens et à ce que l’affaire soit médiatisée », admet Claire Diao, qui exprime sa gratitude à tous ceux qui ont suivi l’émission et salué leur geste.

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