l'Afrique du 21ème siècle

Hausse des prix au Sénégal : « C’est inadmissible, nous ne tenons plus! »

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Par Abubakr Diallo

Des vendeurs de fruits et légumes du marché Castor, à Dakar (Capture d’écran)

La tourmente s’installe au Sénégal où les prix des denrées de première nécessité ont connu une flambée extraordinaire, notamment celui de l’huile qui est devenus hors de portée de la ménagère qui voit son panier se dégarnir gravement, depuis quelques semaines. Outre l’huile, le sucre, le lait entre autres, ont connu une hausse. C’est la cacophonie au sommet, l’Etat et les commerçants se renvoyant la balle, chacun imputant à l’autre la responsabilité de cette situation qui a fini par créer une tension alimentaire au Sénégal.

Les prix des denrées de première nécessité ont augmenté au Sénégal. De façon exponentielle, au point d’installer un véritable climat d’inquiétude chez les citoyens lambda, notamment les chefs de familles, qui doivent, depuis quelques jours, faire face à des dépenses colossales d’alimentation, au beau milieu d’une crise sanitaire, qui a mis le pays quasiment à genoux. Comme c’est le cas dans la plupart des pays du monde entier. Une situation intenable dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, surtout pour la ménagère dont le panier est menacé. La faute à qui ?

Les commerçants justifient la hausse des prix des denrées par une nouvelle taxe sur les importations récemment appliquée par l’Etat, qui représente 12% du montant de la marchandise importée. Seulement, l’Etat a précisé que cette taxe de 12% est appliquée uniquement aux commerçants qui ne s’acquittent pas de leurs différentes taxes, dont la TVA (Taxe sur la valeur ajouté). Qu’en est-il concrètement ? La question est floue et le problème demeure entier. Le constat est que les prix de certaines denrées ont connu une forte hausse. Le débat autour du sucre est houleux.

Polémique sur la pénurie du sucre

Selon Omar Diallo, Directeur du commerce intérieur, « pendant 9 mois, la compagnie sucrière assure la consommation intérieure et parvient à réguler le prix du sucre ». Version confirmée par Louis Lamotte, responsable de la communication de la Compagnie sucrière sénégalaise, qui confie que « le sucre est acheté au prix de 500 FCFA dans nos locaux pour être revendu à plus de 700 FCFA sur le marché. Il n’y a pas de pénurie de sucre, car nos entrepôts sont remplis et nous disposons d’assez de sucre pour ravitailler le marché sénégalais ». Il accuse : « le problème est au niveau des commerçants ».

« L’Etat du Sénégal doit pouvoir encadrer la production des denrées de première nécessité »

Omar Ciss, Directeur exécutif de l’Association des commerçants et industriels du Sénégal, « l’Etat du Sénégal doit nous accompagner en créant les conditions idoines pour nous permettre d’importer certes, mais aussi de pouvoir encadrer la production des denrées de première nécessité dans ce pays. Mais aujourd’hui, avec cette crise du sucre, il faut reconnaître que ce sont les autorités qui ont créé cette situation de tension et veulent nous mettre les consommateurs dans le dos ».

Si la hausse du prix du sucre est relativement peu importante, étant de l’ordre de 50 FCFA de majoration par kilogramme de sucre acheté au comptoir, tel n’est pas le cas de l’huile dont la montée en flèche du prix de vente est extraordinaire, au point d’inquiéter plus d’un. Par exemple, le bidon de 5 litres d’huile, vendu il y a quelques semaines au prix de 4 950 et passé à 7 050 FCFA. Soit une hausse de 2 100 FCFA sur cette bouteille de 5 litres de ce produit de base au Sénégal.

« La plupart de nos hommes ont connu une baisse de salaire avec le Coronavirus »

« Une situation inadmissible. Nous ne tenons plus. La plupart de nos hommes ont connu une baisse de salaire avec le Coronavirus, si ce n’est pas une perte pure et simple de leur emploi, qui était déjà précaire. Je ne peux qu’imputer cette hausse à l’Etat qui a la responsabilité de réguler le marché. Il incombe à l’Etat sénégalais de fixer les prix des denrées, surtout celles de première nécessité. Car aujourd’hui, nous étouffons. Nous ne mangeons plus correctement, car nous n’en avons plus les moyens du fait de prix de denrées qui sont très élevés », déplore Coumba Ndoye, ménagère.

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