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France : 13 ans après la mort de Lamine Dieng aux mains de la police, l’Etat reconnait sa responsabilité

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Une sympathisante de Lamine Dieng

Par la Rédaction

Décédé en 2007 aux mains de la police après une interpellation musclée, à Paris, l’Etat français reconnait sa responsabilité et va verser 145 000 euros à la famille de Lamine Dieng, jeune Franco-Sénégalais, âgé de 25 ans au moment des faits.

Lamine Dieng est la énième victime des violences policières en France. Ce Franco-Sénégalais de 25 ans est mort dans la matinée du 17 juin 2007 dans un car de police, après une arrestation musclée, à Paris, dans le quartier de Ménilmontant. Alors qu’il résistait à son interpellation, Lamine a été immobilisé et pressé au sol par plusieurs policiers. Un calvaire qui a duré 30 minutes avant qu’il ne décède.

Treize ans après son décès, l’Etat, qui entérine sa culpabilité, va verser 145 000 euros à ses proches afin de solder les poursuites contre la France, d’après la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les proches du jeunes hommes avaient en effet saisi la CEDH après avoir été débouté par la justice française avant que les parties aient trouvé entre-temps un accord amiable le 14 mai.

Selon la CEDH, « la Cour a reçu la déclaration de règlement amiable en vertu de laquelle les requérants acceptaient de renoncer à toute autre prétention à l’encontre de la France à propos des faits à l’origine de cette requête, le Gouvernement s’étant engagé à leur verser la somme reproduite dans le tableau joint en annexe », précisant « que cet accord repose sur le respect des droits de l’homme garantis par la Convention et ses protocoles et ne voit pas de raison qui exigerait qu’elle poursuive l’examen de la requête concernée».

« Nous avons vécu treize années de combat contre le déni de justice »

Une décision dont se réjoui les proches du jeune homme. «Nous avons vécu treize années de combat contre le déni de justice, face à une institution qui nous a systématiquement refusé un procès pour les responsables de la mort de notre fils, frère, oncle», souligne dans un communiqué la famille de la victime, par la voix de sa soeur Ramata Dieng, qui se bat depuis de nombreuses années pour que justice soit faite au sein du comité «Vérité et justice pour Lamine Dieng ». Le comité a appelé à manifester samedi 20 juin, à Paris, à partir de 13h, place de la République, pour honorer la mémoire de Lamine.

Le débat sur les violences policières a été relancé en France de plus belle suite au meurtre de George Floyd, un Afro-américain de 46 ans, tué par un policier blanc, le 25 mai à Minneapolis. Une affaire qui a fait écho avec celle d’Adama Traoré, également mort aux mains de la gendarmerie française, après une arrestation musclée. Depuis, sa sœur Assa Traoré, à la tête du comité Justice et vérité pour Adama, se bat pour que les gendarmes impliqués dans le décès de son petit frère soient condamnés.

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