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Equipop récompense 12 médiateurs pour leur engagement contre les Mutilations sexuelles féminines

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Par Sokhna Fall

Les médiatrices et médiateurs récompensés par Equipop, le 27 juin 2020, (par Equipop)

Le 27 juin 2020, à la Maison des Femmes à Saint-Denis, en région parisienne, l’ONG Equilibres et populations (Equipop) a remis à ses douze médiateurs et formatrices un certificat pour la reconnaissance de leur engagement en faveur de l’abandon définitif des Mutilations Sexuelles Féminines (MSF) et la validation de leurs connaissances et expérience acquises dans le cadre du projet Let’s Change.

L’ONG Equilibres et populations (Equipop) a tenu à récompenser 12 de ses médiatrices et médiateurs très engagés pour leur engagement contre les mutilations génitales féminines. L’ONG leur a ainsi remis samedi 27 juin un certificat de reconnaissance de leur expertise dans le cadre du projet Let’s CHANGE. Let’s CHANGE est un projet de promotion de l’abandon des mutilations sexuelles féminines en Europe. Le projet est coordonné par l’association allemande Terre des Femmes. Les partenaires sont Equipop, Plan International Hambourg et la Fédération des associations somaliennes de Hollande (FSAN). Il se déroule d’octobre 2018 à septembre 2020.

Une rencontre avec des femmes engagées contre l’excision et toutes les formes de violences faites aux femmes

Les certificats ont été remis par la jeune militante Hadja Idrissa Ba, présidente et co-fondatrice du club des jeunes leaders de Guinée. Hadja est depuis 2019 en France où elle a commencé un cursus en droit. Elle a été élue membre du bureau d’Equipop en novembre 2019. La cérémonie a aussi été marquée par la présence de Ghada Hatem, médecin cheffe, gynécologue obstétricienne et fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis, lieu qui a accueilli la cérémonie. « Cette maison est un lieu pour soigner les femmes qui ont vécu des choses difficiles dont l’excision. Nous avons la prétention d’avoir un parcours très complet pour l’excision avec une consultation médicale, psychologique, psychiatrique, sexologique et chirurgicale si besoin. On sait depuis longtemps que la prévention, ça passe par vous. Vous êtes les seules à pouvoir convaincre de la nocivité de cette coutume », a indiqué Ghada Hatem.

Les participantes ont également eu l’occasion d’échanger avec Saly Diop, conseillère municipale, vice-présidente du Pays de Meaux, déléguée à l’emploi, à l’insertion et à la formation professionnelle. Son livre, Imani, vient d’être publié aux éditions Michalon. Saly est née au Sénégal. Elle évoque dans son livre ses combats qui ont fait d’elle une élue de la République et son expérience de l’excision et du mariage forcé.

Les obstacles à la sensibilisation des hommes

L’excision est une pratique traditionnelle qui implique l’ablation partielle ou totale des organes génitaux féminins externes pour des raisons non médicales. En Europe, plus de 500 000 femmes vivent avec les conséquences de l’excision. En France, on compte désormais 125 000 femmes concernées. L’excision est une violence basée sur le genre, une violation des droits humains des filles et des femmes et une question de santé publique.

Adama Seck, médiateur, estime pour sa part, que « sensibiliser dans une communauté où l’on ne parle pas d’excision est un défi, surtout lorsqu’on vise les hommes. Je rencontre deux obstacles dans mes ateliers : la religion et les traditions. Pour beaucoup de personnes encore aujourd’hui, l’excision est considérée comme une obligation religieuse alors que ce n’est pas le cas. L’intervention d’un imam dans nos formations m’a permis d’avoir les arguments pour lutter contre ce stéréotype ».

Sensibiliser les professionnels à la communication sur l’excision sans stigmatiser

De même,  Roukiatou Sissoko, formatrice,  pointe du doigt « en France, les formations initiales des travailleurs sociaux qui n’abordent pas les MSF et le MP. C’est sur le terrain, selon les cultures des personnes dont ils font le suivi qu’elles se rendent compte du parcours de vie de chacune. La plupart des professionnels ne savent pas comment aborder les MSF ou gérer la situation lorsque les personnes abordent le sujet. Lors de mes formations, elles et ils découvrent des outils qui leur permettent de mieux accompagner les personnes ».

Sensibiliser les travailleurs sociaux et professionnels sur la question des MSF, sans stigmatiser, tel est en effet un des engagements de l’ONG Equipop, qui intervient par ailleurs dans plusieurs pays d’Afrique sur des thèmes comme le planning familial ou encore l’émancipation féminine.


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