l'Afrique du 21ème siècle

DR.Ousmane Ndaw : « En Afrique, il ne serait pas surprenant que certains individus disposent d’antigènes contre le coronavirus »

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Par Assanatou Baldé

Un bénévole de l’association sénégalaise 100 volontaires qui fournit gratuitement des masques aux populations à Dakar

Le coronavirus qui continue de faire des ravages n’a épargné aucun pays du monde. L’Afrique, qui semblait au départ immunisée contre le virus, a également été prise de cours par l’augmentation au fur et à mesure du nombre de cas, même si, rappelons le, en comparaison à l’Europe ou aux Etats-Unis, elle a résisté, ne comptant que très peu de décès depuis le début de l’épidémie. Le DR. Ousmane Ndaw, qui dirige le Medical Institute of technology, au Mali, une entreprise qui officie entre autres dans la modélisation biotechnologique, la télémédecine-téléchirurgie, ou encore la recherche dans les domaines de l’informatique médicale, livre à AP21 son analyse de la situation sur le continent.

Comment analysez-vous la riposte des pays d’Afrique contre le coronavirus ?

Nous constatons que les pays africains suivent aveuglément et avec un excès de zèle ce que les autres pays affectés font. Hormis les bonnes pratiques universelles sur l’hygiène, il faut sérieusement se poser des questions sur l’adoption des mesures identiques avec des contextes différents, les habitudes et les occupations des populations… et cela pose en effet un sérieux problème que de vouloir confiner des personnes dans des environnements propices à la contamination et à la contagion.

Aujourd’hui, quels sont les pays d’Afrique qu’on peut considérer comme exemplaires dans la lutte contre cette pandémie? Et ceux qui doivent encore déployer des efforts ?

Il ne peut pas y avoir de pays exemplaire dans la lutte contre le coronavirus D19 dans la mesure où même dans les pays européens les plus durement touchés, on cherche sa voie pour s’en sortir. Tout le monde se conforme avec plus ou moins de fantaisies à la stratégie universelle de confinement qui jusque-là n’a pas donné des preuves formelles pour être validée comme un modèle sûr de couper définitivement la chaîne de contagion-contamination. Tous les pays doivent redoubler d’efforts mais dans le discernement entre ce qui est objectif et ce qui est subjectif.

Finalement beaucoup de scientifiques sont étonnés du fait que l’Afrique n’ait pas enregistré autant de cas qu’on s’y attendait contrairement à l’Europe. Comment expliquez-vous cela?

C’est tout simple à comprendre, il n’y a pas de dépistage systématique, ce qui n’est pas dicté par une quelconque stratégie mais par l’indisponibilité du personnel, du matériel et des consommables pour tester un grand nombre. La saison grippale n’est pas périodique en Afrique de l’ouest où, sans le savoir et à force d’être en contact avec une multitude de virus dans notre façon de vivre, il ne serait pas surprenant que certains individus disposent d’antigènes qui pourraient contrecarrer les projets du coronavirus. N’oublions pas aussi, toutes les affections grippales sont banalisées en Afrique en général et souvent traitées par des moyens et produits d’alimentation ou de breuvage… Comme quoi la pauvreté peut ne pas être aussi catastrophique tel qu’on l’a toujours conçue en considérant les pays africains. L’handicap devient un argument à considérer pour réévaluer le confinement général imposé sans restriction.

On se rend compte au final, que beaucoup de mesures ont été rapidement prises dans de nombreux pays d’Afrique pour faire face à l’épidémie. Ebola aurait-il permis à l’Afrique d’être mieux préparée face aux pandémies ? Qu’en pensez-vous?

Il n y a pas eu une prise rapide de mesures en Afrique ni en Europe sauf en Chine où cela s’est passé dans la précipitation. Tous les pays étaient immergés dans l’expectative du cas chinois pour ensuite émerger d’une torpeur spectatrice. Faisant allusion à Ebola, sa riposte stratégique ne peut pas servir de modèle pour celle exigible en ce qui concerne le Covid19. Nous sommes en face de deux virus qui n’ont rien de commun si ce n’est leur état de virus mais pas sur certains aspects virologiques, le processus de contamination et de contagion, les traitements palliatifs, les réservoirs naturels…jusque-là, aucun scientifique n’est parvenu à établir formellement par « match » l’hôte du covid19.

Pouvez-vous rappeler les différents symptômes du coronavirus ?

Classiquement nous avons les secousses brutales de toux sèche qui empêchent de parler normalement, la fièvre récurrente, la torpeur et le tout associé éventuellement plus ou moins aux céphalées, signes digestifs, neurologiques dans l’aggravation de la maladie. Des cas d’anosmie ont été signalés en France ; mais est-elle liée au syndrome viral lui-même ou aux thérapies ?

Quand faut-il s’inquiéter et consulter ?

Lorsque l’on constate une toux anormalement accentuée, brutale avec une fièvre prolongée, une gorge asséchée et constrictive avec la sensation d’étouffement, il faut immédiatement s’isoler pour communiquer et se faire prendre en charge.

Que faire quand on a un proche d’une même famille avec qui on vit qui a la maladie?

S’isoler, se protéger, isoler et protéger son proche, désinfecter à l’eau de javel toutes les surfaces accessibles, appeler les services compétents ou une personne-ressource et surtout ne pas dispenser un traitement d’automédication sauf sur avis télé-médical.

Quels conseils préconisez-vous aux citoyens africains pour éviter le virus qui se répand rapidement ?

Attention, entre le virus qui se répand rapidement ou la contamination qui s’accélère avec une certaine virulence ou la contagion qui est extrêmement fugace dans un périmètre donné, il faut pouvoir s’isoler par distanciation préventive dans le périmètre épicentral en s’enveloppant dans une couverture protectrice basée sur les bonnes pratiques d’hygiène, la décontamination des lieux, la rupture de la chaîne de propagation et surtout garder son calme au moindre signe avant-coureur signalé dans les divers signes de la maladie pour appeler tranquillement les services compétents ou toute personne-ressource nécessaire.

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