Crise au Mali : Quand la France s’en mêle et somme le pouvoir et l’opposition d’accepter les propositions de la Cedeao

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Par la Rédaction

Une pancarte lors d’une manifestation à Bamako contre le président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK)

La France appelle les autorités et l’opposition à accepter les recommandations de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) pour sortir de la crise dans laquelle le Mali se trouve. Un appel de Paris qui intervient alors même que l’organisation ouest-africaine se réunit dans un sommet extraordinaire ce lundi pour tenter de trouver des solutions aux troubles qui secouent le pays.

Alors même que la Communauté économique des Etats de l’Afrique (Cedeao) de l’ouest se réunit ce lundi en sommet extraordinaire pour tenter de trouver une sortie de crise à l’impasse malienne, Paris a appelé vendredi le pouvoir et l’opposition à prendre en compte et à accepter les recommandations de la médiation ouest-africaine, qui n’ont pour le moment pas porté leurs fruits.

La France se dit préoccupée

Le ministère français des Affaires étrangères a, en effet, salué vendredi dans un communiqué « la forte implication de la Cedeao et sa décision de tenir un sommet extraordinaire » ce lundi 27 juillet. «La France reste cependant préoccupée par le retard pris dans la mise en œuvre des recommandations déjà émises», selon le Quai d’Orsay, estimant qu’elles permettraient de « rétablir la légitimité des institutions mises en cause, la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale » et de « répondre aux demandes de l’opposition et la société civile, dans le strict respect de la Constitution». La France a également rappelé dans son communiqué que les défis du pays « préoccupent l’ensemble des Maliens mais aussi les pays de la région et la communauté internationale », appelant donc « l’ensemble des parties à faire preuve de responsabilité et à s’engager dans un dialogue sincère pour aboutir à des mesures consensuelles avant l’échéance du 31 juillet fixée par la Cédéao».

La France, engagée militairement au Mali, avec la présence de la force Bankhane, constituée de 5 000 hommes, dans le nord du pays, suit en effet de près la crise politique malienne. L’opposition constituée au sein de la coalition du mouvement du 5 juin, réunissant des religieux, des opposants politiques et la société civile, réclame le départ d’Ibrahim Boubacar Keita (IBK), jugé inapte à diriger le Mali et à mettre un terme aux problèmes sécuritaires dans le nord, qui se sont aussi propagées dans le centre. L’opposition dénonce également la corruption endémique dans le pays et la détérioration des conditions de vie de la population.

Echec sur échec de la Cedeao

En attendant, la Cedeao qui a tenté plusieurs médiations n’a jusqu’à présent pas réussi à faire valider un plan de sortie de crise aux autorités et à l’opposition. La visite jeudi dernier de cinq chefs d’État d’Afrique de l’Ouest, Macky Sall, Alassane Ouattara, Nana Akufo-Addo et Mahamadou Issoufou n’a pas permis de sortir de l’impasse, puisque l’opposition a rejeté leurs propositions.  La Cedeao avait déjà entre autres proposé le 19 juillet la formation d’un gouvernement d’union nationale, sans succès. L’opposition, qui résiste, n’est pour le moment pas disposée à prendre en compte les recommandations de l’organisation ouest-africaine, montrant qu’elle ne compte pas abdiquer de sitôt face au pouvoir.

proposé le 19 juillet la formation d’un gouvernement d’union nationale et une nouvelle Cour constitutionnelle sur une «base consensuelle» chargée de résoudre le litige autour des résultats des législatives de mars-avril.

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