l'Afrique du 21ème siècle

Côte d’Ivoire : Ouattara, les mains trempées dans le sang des Ivoiriens ?

Share on facebook
Share on whatsapp
Share on linkedin
Share on twitter
Share on email

Par Abubakr Diallo

Le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’une réunion de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEOMA), le 25 mars (Crédit photo. La présidence)

Dans cette tribune, Abubakr Diallo, fin observateur de la politique africaine, qui a dirigé de nombreux médias au Sénégal, s’interroge, suite à l’acquittement mercredi par la Cour pénale internationale (CPI) de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, sur les divers exactions commises en Côte d’Ivoire durant la crise post-électorale de 2010. Il pointe du doigt le fait qu’à ce jour, aucun membre du camp Ouattara ne soit sur le banc des accusés pour répondre de ces crimes devant la justice.

L’acquittement de l’ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo, par la Cour Pénale Internationale, pourrait laisser croire que l’actuel chef de l’Etat est le responsable des atrocités ayant coûté la vie à plus de 3000 personnes, lors de la crise post-électorale, en 2010-2011.

Le tribunal de La Haye a prononcé l’acquittement de l’ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo, et du responsable des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, le mercredi 31 mars 2021, lors d’une décision rendue par la Cour Pénale Internationale, confirmant son jugement rendu en 2019. « A la majorité, la chambre d’appel rejette (…) l’appel du procureur et confirme la décision de la chambre de première instance », a indiqué le communiqué final.

Il a donc clairement été établi que ni l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, encore moins le responsable des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, ne sont, ni de près ni de loin, mêlés à cette crise post-électorale qui a embrasé la Côte d’Ivoire, entre 2010 et 2011, ayant entraîné la mort de plus 3000 personnes.

Ouattara futur accusé des crimes post-électorales de 2010?

Pourtant, les deux personnalités ivoiriennes étaient poursuivies pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, dans le cadre des violences commises entre décembre 2010 et avril 2011. Accusations qui étaient consécutives à l’annonce des résultats de la Présidentielle en faveur de l’actuel chef de l’État, Alassane Ouattara.

Incontestablement, il y a eu crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Côte d’Ivoire, durant cette période de 2010-2011. Si l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, et le responsable des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, initialement indexés ne sont pas les coupables, qui est alors responsable de ces tueries ? L’on sait toutefois qu’à l’époque, deux responsables traquaient le pouvoir : Laurent Gbagbo qui voulait conserver son fauteuil présidentiel, et Alassane Ouattara, qui voulait accéder au pouvoir.

Au prix du sang de plusieurs de milliers d’Ivoiriens ? Rien n’est moins sûr. Aujourd’hui que Laurent Gbagbo est acquitté, dix ans après avoir été accusé, les yeux se tournent forcément vers l’actuel chef de l’Etat ivoirien, Alassane Dramane Ouattara qui pourrait donc être le principal responsable de ces massacres de 2010-2011. Lui qui a battu le sinistre record de chef d’Etat qui a perdu deux Premiers ministres en l’espace de huit mois.

LES PLUS LUS