l'Afrique du 21ème siècle

Côte d’Ivoire : le recyclage et la commercialisation de masques usés préoccupent les autorités sanitaires

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Par Cyril Verb

Masque médical (DR)

En Côte d’Ivoire, le recyclage et la commercialisation de masques de protection contre le Covid-19 déjà utilisés préoccupent les autorités sanitaires, conscientes que cette pratique peut être un vecteur de transmission du virus.

À Abidjan, le poumon économique du pays, le port du masque est obligatoire pour tous. D’autant que la ville est le cœur de la pandémie du coronavirus. Selon le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, au jeudi 30 avril, la Côte d’Ivoire a enregistré au total 1275 cas confirmés, 574 patients guéris et 14 décès depuis le début de la déclaration de l’épidémie.

Toutefois se procurer les masques de protection s’avère difficile à Abidjan comme dans le reste du pays. Le corps médical, en première ligne dans la lutte contre le virus, n’a pas manqué d’exprimer ses inquiétudes face à cette réalité. Des médecins en contact avec des malades du covid-19 ont été contaminés à défaut d’équipements de protection, déplore le syndicat des professionnels de la santé. Quelques semaines après cette interpellation des médecins, l’offre des masques de protection est toujours en dessous de la demande nationale, entraînant une flambée de leur coût. L’achat de masques conventionnels est devenu un luxe pour plusieurs personnes alors que le pays enregistre un taux de pauvreté qui dépasse les 45 %.

« Ces masques ne sont pas destinés à être réutilisés »

Face à la situation, des Ivoiriens se sont lancés dans le recyclage de masques qui ont déjà servis, qu’ils commercialisent ensuite, exploitant ainsi  la pauvreté des populations. Les coûts de ces masques recyclés et revendus varient entre 500 et 2500 Fcfa. « Ils lavent et remettent sur le marché des masques déjà utilisés », déplore le ministère de la Santé. « C’est une attitude dangereuse d’autant que ces masques ne sont pas destinés à être réutilisés car ils peuvent avoir appartenu à des malades », selon cette source médicale. Par ailleurs, « n’oublions pas qu’en Côte d’Ivoire, recyclage rime avec récupération d’objets usagers dans les caniveaux, poubelles, dépotoirs et autres endroits sales », s’inquiète la source. 

 Si cette pratique ne résout pas la question du manque de masques, elle soulève une question essentielle sur l’impact des mesures de protection contre le corona sur l’environnement : que deviennent les centaines de milliers de masques après leur usage ?

 Quand le besoin de subsistance l’emporte sur celui de la santé 

Sans compter que le confinement décrété par le gouvernement n’arrange pas la situation. Il a provoqué le ralentissement des activités économiques dans un pays qui compte plus de 93% d’emplois informels. Plusieurs familles sont privées de leurs sources principales de revenus et préfèrent de loin investir 1 000 Fcfa dans leurs besoins de premières nécessités plutôt que dans l’achat d’un masque, le besoin de subsistance l’emportant sur celui de la santé. 

Néanmoins, des initiatives citoyennes sont nées afin de palier le déficit de masques dans le pays. Sur les fora, l’on partage photos et vidéos pour la fabrication de cache-nez chez soi. Des couturiers fabriquent et distribuent également des masques en tissus. Des contributions citoyennes qui permettent dans le même temps de lutter contre la maladie et de combattre la pollution de l’environnement. 

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