Côte d’Ivoire : Amnesty international dénonce des tueries à la machette et l’arrestation d’opposants

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Par la Rédaction

Des objets saccagés après des violences à Mbotto (Capture Youtube)

L’organisation des droits de l’Homme Amnesty International a dénoncé lundi des violences dans le cadre de l’élection du 31 octobre en Côte d’Ivoire, soulignant que des dizaines de personnes ont été tuées à la machette, à coup de fusils ou encore de pistolets.

Des affrontements entre partisans de l’opposition et du pouvoir

L’élection d’Alassane Ouattara, qui a brigué un troisième mandat, ne s’est pas faite sans encombre. L’organisation internationale des droits de l’Homme Amnesty international a dénoncé dans un communiqué publié lundi le meurtre de dizaines de personnes depuis l’élection présidentielle du 31 octobre. Selon l’ONG, elles ont été tuées à la machette, à coup de fusils ou encore de pistolets. Les témoins avec lesquels elle s’est entretenue ont raconté « les scènes de violences post-électorales dans le cadre d’affrontements croissants entre des sympathisants de l’opposition et du parti au pouvoir depuis. Dans certains cas, les forces de sécurité ont été submergées, incapables de faire barrage aux violences imputables
aux deux camps », écrit l’organisation.

Pascal Affi N’Guessan toujours détenu dans un endroit tenu secret

Amnesty international a également constaté que des centaines de personnes ont été blessées lors d’affrontements, pointant aussi du doigt l’arrestation de dizaines de membres de l’opposition, dont Pascal Affi N’Guessan détenu au secret. « Les autorités en Côte d’Ivoire doivent enquêter sur l’homicide de dizaines de personnes tuées à coups de fusils, de pistolets et de machettes depuis l’élection présidentielle », a déclaré Amnesty International, soulignant que les responsables de ces exactions doivent être traduits en justice. « L’impunité qui règne de longue date en Côte d’Ivoire offre un terreau fertile à ceux qui se livrent à des homicides et bafouent les droits humains sans craindre d’être amenés à rendre des comptes », a de son côté déclaré Samira Daoud, directrice pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International. Selon la responsable, « c’est la deuxième fois en 10 ans que des élections en Côte d’Ivoire sont émaillées de violences. Il faut prendre sans délai des mesures afin de protéger la population et faire clairement savoir que ces meurtres ne resteront pas
impunis ».

Au moins 55 morts

A ce jour, selon le Conseil national des droits de l’homme, entre le 31 octobre et le 10 novembre, le bilan s’élève à 55 morts et 282 blessés. La tension ne semble pas redescendre. Pas plus tard que la semaine dernière, « les violences se sont intensifiées dans le centre de la Côte d’Ivoire, notamment dans les villes de Mbatto, Elibou et Daoukro. À Mbatto, entre le 9 et le 10 novembre, une manifestation de l’opposition s’est soldée par au moins deux morts et des dizaines de blessés, dont cinq se trouvent dans un état critique », d’après les informations reçues par Amnesty
International.

Malgré ce climat politique et social très tendu, la réélection du président sortant a été saluée par la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). De même, Paris qui a choisi d’être discret depuis le début du scrutin s’est également félicité de la réélection d’Alassane Ouattara, qui a écarté des rivaux tels que l’ancien président Laurent Gbagbo ou encore l’ancien premier ministre et président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro. « Au regard des violences et des tensions qui ont ressurgi à l’occasion de ce scrutin, le dialogue que vous avez initié le 11 avec le président Henri Konan Bédié (principal opposant) est porteur d’espoir », a indiqué le président français Emmanuel Macron, dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, alors que la situation est toujours très tendue…


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