Centrafrique : L’ex-président François Bozizé veut profiter de sa nouvelle popularité pour revenir au pouvoir

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L’ancien chef d’Etat centrafricain François Bozizé, lors de son retour à Bangui, après six ans d’exil, en décembre 2019 (capture d’écran)

Par Flora Mbagna

A Bangui,

L’engouement autour de la personne de l’ancien président de la Centrafrique ne faiblit pas depuis son retour mystérieux sur Bangui, la capitale. Il est, à l’heure actuelle, l’objet de curiosité de nombreux Centrafricains, tant dans la capitale, qu’en province. Une nouvelle popularité dont celui qui rêve de revenir au pouvoir compte bien profiter.

C’est indéniable ! Francois Bozizé rêve toujours de revenir au pouvoir en Centrafrique, même si pour le moment il ne s’est pas clairement exprimé sur la question de sa candidature. En attendant, partout où il passe, l’ancien président  est entouré d’une grande foule de sympathisants et de curieux. Est-il encore adulé ou est-ce juste la foule qui l’entoure qui vient satisfaire sa curiosité de côtoyer un ancien chef de l’Etat ? Profitant de ces ondes positives autour de lui, François Bozizé et sa cellule de communication exploitent cette liesse populaire pour se faire une place durant la présidentielle de décembre 2020, en face du Mouvement Cœur Unis (MCU) de l’actuel président Faustin Archange Touadera.

A l’heure où les cas de contaminations à la Covid-19 prennent de l’ampleur en Centrafrique, François Bozizé, lui, multiplie ses visites et ses descentes aux places mortuaires pour profiter des bains de foule. Une stratégie sans doute menée en vue de la pré-campagne, qui devrait très rapidement débuter. L’on se souvient encore de sa dernière descente à Bouar, ville située à 372 kilomètres de Bangui, au mois de mars dernier, où il avait appelé ses partisans à la vigilance afin de ne pas se laisser manipuler par les puissances étrangères lors des prochaines élections. « Les élections sont proches. Si vous manquez de vigilance, on fera venir des gens de l’étranger pour voter à votre place », avait-t-il déclaré.

« On n’a pas  encore digéré et oublié le règne du clan Bozizé avec des exactions, arrestations dans les prisons secrètes »

Pour le moment, on ignore encore la réalité sur cette prétendue nouvelle popularité de l’ancien président, qui suscitent beaucoup d’interrogations. Certains  Centrafricains ne cachent pas en effet leurs craintes face à une nouvelle guerre en Centrafrique avec un nouvel avènement de l’ex-chef d’Etat au pouvoir : « On n’a pas  encore digéré et oublié le règne du clan Bozizé avec des exactions, arrestations dans les prisons secrètes, la corruption et tout ce qui va avec », indique ce Centrafricain.

 D’autres, qui gardent une sympathie pour l’ancien dirigeant,  espèrent toujours son retour victorieux au pouvoir. « Au temps de  Bozizé, nous avions constaté que même au fin fond de la RCA il y avait la paix et la sécurité. Les Centrafricains étaient libres de faire ce qu’ils veulent. Mais actuellement, une grande partie de la RCA est prise en otage par des groupes armés. Ce pays mérite d’être dirigé par un homme de poigne et c’est la raison pour laquelle nous souhaitons voter pour lui », affirme ce sympathisant de l’ancien président.

Le KNK, une machine électorale importante

Même s’il parait difficile de refaire le choix de Bozizé, il est important de reconnaître que son parti, le KNK, demeure encore une importante machine électorale qui inquiète ses adversaires. A tel point que tous les moindres faits et gestes de l’ancien homme fort de la Centrafrique sont scrutées à la loupe. A l’instar de son déplacement, à Oyo, en République du Congo, le 28 juin dernier, suscitant de nombreux commentaires des observateurs de la vie politique centrafricaine. Ces derniers pensent que cette visite est liée aux prochaines échéances électorales qu’il prépare. D’ailleurs, il a rencontré le président Congolais, Denis Sassou Nguesso, en compagnie de son compatriote Abdou Karim Meckassoua, ex-président de l’Assemblée nationale. Une rencontre incitant certains observateurs à penser à une probable coalition entre Bozizé et Meckassoua sous le parrainage du président congolais.

De nombreux observateurs font également état de la pression du président Sassou Nguesso sur François Bozizé pour soutenir la candidature de l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Abdou Karim Meckassou. Des affirmations que François Bozizé a balayé, évoquant la décision de son parti KNK. « Il n’y a rien de tout cela. Mon voyage au Congo avec Karim Meckassoua est purement dans un cadre amical et familial », a-t-il clarifié sur les ondes de Radio Ndeke Luka, le 15 juillet, à la suite d’une question sur cette visite.

Au cours de cet échange avec la radio, l’ex-président centrafricain a également répondu à certaines accusations portées à son égard et à la question de sa candidature à l’élection présidentielle du 27 décembre 2020. Selon lui, il pourrait être candidat au scrutin si le congrès du KNK le décide, soulignant qu’il y a encore des choses à résoudre au sein du parti avant de se prononcer sur une probable candidature…

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