Centrafrique : « Le coronavirus ne peut pas nous tuer, nous sommes immunisés contre ce virus ! »

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Un marché local à 5km de la capitale Bangui. Crédit photo par Flora Mbagna. Mai 2020

Par Flora Mbagna

Depuis la confirmation du premier cas de contamination au Covid-19 en Centrafrique, le 14 mars dernier, sur un ressortissant italien, nombreux sont les habitants du pays qui croient encore que cette « maladie de blancs » ne tue pas les Africains, alors que plus d’une centaine de Centrafricains sont testés positifs et sont sous traitement. C’est le constat fait par la correspondante d’AP21, à Bangui, qui a sillonné quelques villes du pays, qui compte actuellement 197 cas confirmés.

Sous d’autres cieux, le coronavirus fait peur. Dans d’autres pays d’Afrique comme la Centrafrique, on le qualifie « de maladie des blancs ». Ceux qui soutiennent cette idée estiment que le virus ne résiste pas à la chaleur et n’atteint que des personnes faibles.

« Le coronavirus est la maladie des faibles, en Afrique nous sommes immunisés, nous cultivons de grande surface de la terre sans utiliser aucune machine et toujours sous soleil »

A Alindao, une ville de la préfecture de Basse Kotto, située à l’est, à plus de 400 km de la capitale centrafricaine Bangui, une grande partie de la population ne croit pas à l’existence de cette pandémie. « Le coronavirus est la maladie des faibles. En Afrique nous cultivons de grande surface de de la terre sans utiliser aucune machine et toujours sous soleil. Nous sommes immunisés contre cette maladie Nous buvons régulièrement des tisanes faite d’écorces et feuilles amères, le corona ne peut pas nous tuer. On ne peut pas être contaminé par cette maladie», explique cet habitant d’Alindao.

A Mbaïki, dans le sud-ouest, le ministère de la Santé et de la Population avait confirmé le premier cas de covid-19. Deux mois après, la majorité de la population de cette ville affirme que le Covid-19 ne résiste pas à la tisane des écorces de racines amères. Les gestes barrière ne sont pas observées et il est facile de voir certains consommateurs de vin de palme utiliser le même gobelet. « Le sujet italien qui était contaminé est déjà guéri, cela signifie que le covid-19 ne résiste pas à la chaleur sinon il devait déjà mourir. A Mbaïki, nous prenons du vin de palme dans lequel nous mettons des écorces très amères et cela constitue un anticorps. C’est pourquoi notre corps résiste au coronavirus », assure Gabrielle Kenga, un habitant de cette ville.

«  Le Coronavirus est une histoire inventée par le gouvernement pour se faire de l’argent »

 Laura, qui vit dans la même localité affirme, quant à elle, qu’elle continuera à saluer les gens : «  en Afrique la salutation est une geste qui montre l’amour envers l’autre. Pourquoi nous interdire la salutation à cause de Covid-19 ?  Donc laisser nous tranquille avec ces histoires inventées là », fustige-t-elle. Tout comme Laura, certaines personnes continuent de dire que l’histoire du coronavirus en Centrafrique est une histoire inventée par le gouvernement pour avoir de l’argent. En dehors du cas de l’Italien qui était un cas importé il n’y a pas d’autre cas, selon ceux-là, en Centrafrique. « Qu’est-ce-qui nous fait croire que le nombre des cas confirmés publiés par le Ministre de la Santé est réel ? »,  s’interroge Ida Yamalé.

Des affirmations qui montrent bien que plusieurs villes de la Centrafrique ne sont pas suffisamment sensibilisées  sur le Covid-19. Même si la sensibilisation sur les gestes barrières auprès de la population des provinces se fait aujourd’hui à travers la sonnerie d’attente sur le réseau de la téléphonie mobile Orange, il reste encore beaucoup à faire du fait du refus d’une grande partie de la population de ce pays à croire en l’existence de cette pandémie.

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