Burkina/présidentielle 2020 : Et si…

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Par Serge Mathias Tomondji

Un bureau de vote à Ouagadougou (Capture d’écran youtube)

Dans ce billet, le journaliste et éditorialiste Serge Mathias Tomondji analyse les stratégies des différents candidats à la présidentielle du 22 novembre prochain au Burkina Faso.

C’est fou comme la faune politique burkinabè regorge de couleurs, de plumages et de sigles! Cent-cinquante-et-deux partis politiques, six formations politiques et trente regroupements d’indépendants ont ainsi été autorisés, en septembre dernier, à prendre part aux élections du 22 novembre prochain. Parmi eux, vingt-trois se sont lancés dans la course au fauteuil présidentiel, avec au final, comme on le sait, treize dossiers jugés recevables par le Conseil constitutionnel. Ils sont donc treize pour un fauteuil! Treize personnalités issues d’horizons divers, de partis politiques différents, même si certains avaient bu à la même source idéologique avant d’affluer vers d’autres marigots. Treize candidats qui ambitionnent donc de décrocher le graal, bien que certains d’entre eux ont la pleine conscience de leur statut d’accompagnant ou de faire-valoir. Des partis politiques dans cette bataille pour la conquête du pouvoir suprême donc, mais aussi un indépendant, Claude Aimé Tassembédo, qui prône une révolution politique pour sortir le Burkina de l’ornière. Sortir le Burkina de l’ornière, c’est le slogan de tous ces prétendants qui rivalisent d’idées et de propositions, d’engagements et de chantiers pour séduire l’électorat. Changement, progrès, démocratie, renaissance… Ces mots dansent joyeusement dans les génomes de nos partis politiques et émaillent les discours des candidats!

En mouvement…

Et que nous disent-ils, ces mots? Eh bien, tout d’abord, que tous ces prétendants au trône sont en mouvement! Le candidat Roch Marc Christian Kaboré se met ainsi en mouvement pour gagner, dans les urnes, le droit d’accomplir un second quinquennat à la tête du pays. Avec son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès, on pourrait dire que cela tombe sous le sens! Mais ça, c’est une autre histoire…Car Tahirou Barry, qui tente lui aussi cette aventure pour la seconde fois, se met résolument en… Mouvement pour le changement et la renaissance. Mais qu’est-ce qui doit impérativement changer et qu’est-ce qui doit renaître? Tout, absolument tout, semble dire la seule femme dans la course, Yéli Monique Kam, Yennenga de l’éducation devant l’Éternel, portée par le… Mouvement de la renaissance du Burkina. Zéphirin Diabré, lui, avait affiché depuis longtemps son option déterminée pour le changement. Avec son parti, l’Union pour le progrès et le changement, le médaillé d’argent de la précédente élection présidentielle compte bien gravir cette année la dernière marche qui le sépare encore du palais de Kosyam. Pour, dit-il, sauver le Faso, en y apportant le changement et le progrès dont le pays a besoin. 

Assumer son destin

Mais le progrès, ainsi que la démocratie, c’est notre affaire, semble lui rétorquer Eddie Constance Hyacinthe Komboïgo qui, avec son Congrès, rêve de reconquête après une parenthèse de cinq années. Le Congrès pour la démocratie et le progrès a en effet dominé la vie politique nationale des pieds et de la tête pendant de longues années, avant de perdre le pouvoir suprême fin octobre 2014 au travers d’une insurrection populaire. Vous avez dit insurrection? Vous avez dit nouveau quinquennat, donc nouvel espoir? Ségui Ambroise Farama pense que le remède se trouve entre les mains de la section burkinabè de l’Organisation des peuples africains. Mais chaque peuple doit prendre en mains et assumer son destin. Un destin qui doit s’écrire autrement, martèle Ablassé Ouédraogo, tandis que Kadré Désiré Ouédraogo demande à tous d’agir ensemble pour y arriver. Quant à Gilbert Noël Ouédraogo, il compte sur sa Bonne Espérance, c’est aussi ainsi qu’il se prénomme, pour remettre le Rassemblement démocratique africain au sommet de la pyramide exécutive du Burkina, dans l’alliance, la fédération et la démocratie. 

Tout un programme

Tout un programme, mais il y a encore Yacouba Isaac Zida qui appuie sur la fibre patriotique et se met en mouvement, encore !, pour le salut. En mouvement aussi, Abdoulaye Soma nous promet un magnifique soleil d’avenir, tandis que Dô Pascal Sessouma décline sa vision pacifiste pour un Burkina en quête de paix, justement. Et si finalement le Burkina se mettait effectivement en mouvement, avec ses fils et filles déterminés à agir ensemble, sous un soleil d’avenir et d’espoir! Portés par une vision de paix et de développement, pour écrire les belles notes du changement et du progrès, ils pourront ainsi fédérer leurs énergies dans une alliance gagnante pour réussir l’union sacrée des communautés et des peuples. Alors seulement, les Burkinabè pourront construire autrement le Faso de la renaissance pour le salut de tous, au lendemain de cette élection présidentielle qui cristallise autant d’espoirs que d’inquiétudes!

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