l'Afrique du 21ème siècle

Burkina : Après la présidentielle, retour à l’épineux dossier sécuritaire

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Victorieux de la présidentielle du 22 novembre avec 57,87% des voix dès le premier tour, Roch Marc Christian Kaboré et son gouvernement vont devoir concrètement désormais s’attaquer à l’épineux dossier sécuritaire, qui avait été le principal enjeux du scrutin.

Pas de répit pour Roch Marc Christian Kaboré, qui sait qu’il est attendu au tournant concernant l’épineuse question sécuritaire. Tout comme son voisin le Mali, le Burkina est régulièrement en proie à des attaques terroristes, qui ont fait plus de 1600 morts en cinq ans et près d’un million de déplacés, dans le nord et l’est du pays, frontaliers du Mali et du Niger, selon les chiffres officiels.

Pas plus tard que le 11 novembre dernier, 14 militaires ont été tués dans l’attaque de leur convoi sur la route de Tin-Akoff, dans le nord du pays. Il y a donc urgence! Le pouvoir ne pourra se détourner de ce dossier, qui plane comme l’épée de Damoclès sur sa tête. Il le sait. D’autant que 93% des burkinabè estiment que la sécurité doit être la priorité du chef de l’Etat, selon le sondage d’opinion « Présimètre » réalisé par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), à Ouagadougou.

Des groupes armés qui prospèrent face aux défaillances de l’Etat

Les groupe armés qui sèment le chaos dans une partie des territoires du pays des hommes intègrent prospèrent en raison des défaillances de l’Etat et son incapacité à donner une riposte à la hauteur des attaques régulières qui minent le pays. A tel point que dans son dernier rapport, l’Observatoire pour la démocratie et les droits de l’homme (ODDH) a posé cette interrogation : « Le Burkina Faso risque-t-il de devenir le nouveau Rwanda? ». Selon l’ODDH, en effet, « entre avril 2015 et mai 2020, les groupes terroristes ont mené au moins 580 attaques ciblant surtout l’armée, des commissariats de police, des milices avec lesquelles l’Etat coopère, des écoles, des mairies. De nombreux autres incidents ont été rapportés dans les médias et sur les réseaux sociaux, ce qui laisse supposer que le nombre total d’attaques commises pendant cette période est vraisemblablement bien plus élevé ».

Dans cette lutte contre l’insécurité, le pouvoir va devoir aussi faire face à un autre difficulté et pas des moindres : la mise en cause de soldats burkinabè dans des exactions contre des populations. D’après l’ODDH, les forces de sécurité burkinabè seraient responsables de la mort de 588 civils, dont la majorité seraient peuls, entre le 4 avril 2015 et le 31 mai 2020. Les amalgames entre des membres de cette communauté et les groupes terroristes qui sévissent dans le pays ne sont en effet pas rares, compliquant davantage la situation.

Tant de chantiers toujours en cours que le chef de l’Etat et son équipe vont devoir rapidement gérer avant que la situation ne les échappe davantage et se propage dans les pays voisins. Tous risquent gros : la déstabilisation de la sous-région, dont le mur de sécurité a commencé à se fissurer déjà depuis de longue date avec un Mali très fragilisé.

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